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L’action internationale des collectivités françaises au Cameroun

Internalisation des territoires
Yannick Lechevallier
Mai 2018

28 janvier 2019

Sans étudier aucunement l’efficacité ou l’impact des projets menés au Cameroun, la désignation de « projets de coopération décentralisée » semble relever le plus souvent de l’habillage d’une action de développement local unilatérale (allant du simple don de matériel à l’obtention de moyens financiers très importants comme pour la Facilité Energie de l’UE).
Il nous semble nécessaire que les collectivités camerounaises prennent conscience, au regard du constat d’échec des relations, sur le long terme, avec les communes françaises mais aussi de la faiblesse et de la chute des montants financiers directs des collectivités françaises que :
- les appuis financiers engagés par les collectivités locales françaises au Cameroun ne peuvent aucunement être considérés comment pouvant financer les projets de développement d’envergure des communes camerounaises. Ce n’est pas leur vocation !
- devant de multiples contraintes (chute des budgets des collectivités françaises, incapacité des « partenaires » à dépasser la logique « d’aide Nord-Sud » pour entrer dans une logique de développement mutuel, incapacité des élus camerounais à engager une démarche d’autonomisation, …) les collectivités françaises se retirent ou diminuent fortement leurs appuis.
La collaboration pour les communes camerounaises, avec des collectivités françaises (ou d’autres pays), doit être vue comme un « appui à maîtrise d’ouvrage » pour développer des capacités de gestion territoriale créant ensuite la possibilité de gérer des fonds internationaux sous forme de dons (les
Facilités européennes par exemple) ou de prêts (cf. Dakar avec AFD).
Les élus, agents et consultants camerounais engagés sur l’internationalisation des communes camerounaises doivent chercher avant tout à développer leur capacité de gestion locale et l’appropriation du concept de « commun » et de « service public » et non pas à capter quelques menus moyens financiers pour un micro-projet d’investissement qui n’aura pas d’incidence à long terme.